Le sommeil des bébés

Quelques questions/réponses avec Julie Champenois Wittlin.

Elle aborde notamment son métier de consultante en sommeil et donne quelques conseils pour le sommeil de bébé.

 

Pouvez-vous expliquer quel est le rôle d’une consultante en sommeil ?
Je suis consultante en sommeil 1001 dodos. Il y a de nombreuses consultantes en sommeil avec des philosophies différentes. Renseignez-vous bien sur sa philosophie et sa façon de vous accompagner avant de prendre rendez-vous. Un consultante en sommeil 1001 dodos n’applique pas de méthode « miracle », ni de méthode d’apprentissage du sommeil.

Une consultation sommeil avec une consultante en sommeil 1001 dodos, a pour objectif de favoriser le sommeil de l’enfant (jusqu’à 3 ans environ) et de toute la famille, en étant centré sur les besoins de l’enfant. Elle repose sur une approche globale, tout en favorisant l’attachement.

Le développement de la sécurité intérieure de l’enfant et de sa confiance en lui est une des priorités de la consultante en sommeil. Il pourra ainsi s’endormir et faire des nuits sereines sur le long terme.

Une consultante en sommeil 1001 dodos, a suivi 2 jours de formation spécifique sur le sommeil de l’enfant de 0 à 3 ans, puis passé un examen.

 

Le sommeil est une source de beaucoup de stress et d’angoisse chez les nouveaux parents. Quel est le top 3 des meilleurs conseils que nous pourrions leur donner ?
1. – que toute la famille arrive à dormir, même si le mode de couchage n’est pas très conventionnel
2. – Rassurer son enfant et l’accompagner
3. – Ne pas écouter l’entourage

 

Pourriez-vous expliquer l’importance d’installer une routine, aussi bien pour les parents que pour les enfants ?
La routine peut commencer à partir de 6 mois environ. Elle peut être très simple et courte. Le fait de faire les choses dans le même ordre le soir, rassure l’enfant, qui se conditionne pour se détendre et s’endormir. Nous, adulte, nous faisons également pareil : avant de nous coucher, nous nous déshabillons, lavons, brossons nos dents quasiment toujours dans le même ordre.

« Laissez-le pleurer », qu’en dites-vous ? Est-ce un caprice ou un réel besoin du bébé ? Va-t’il se calmer ?
Lorsque l’on a compris ce qu’il se passe dans la tête d’un bébé (je vous recommande la BD d’héloïse Junier, « ma vie de bébé »), nous savons :
– qu’un bébé ne pleure pas pour embêter ses parents, ni pour les manipuler,
– que la sécrétion de cortisol pendant les pleurs est très délétère pour le développement du cerveau du bébé,
– que le cerveau de l’enfant ne peut pas induire des caprices avant 4 ans,
– etc.
Toutes les neurosciences l’ont prouvé, et les spécialistes des enfants savent que l’enfant n’a pas la capacité de s’endormir seul. Le laisser pleurer en se disant que cela va passer permet de rassurer les parents. Lorsque l’enfant s’endort enfin, il s’endort épuisé, crispé, se sentant abandonné. Les jours suivants, il s’endormira plus rapidement car il n’espérera plus que ses parents viennent le réconforter. C’est triste. Le plus triste est qu’il se sentira en insécurité pendant plusieurs mois voir plusieurs années lorsqu’il devra aller se coucher.
Ecouter l’enfant et ses besoins sont indispensables pour un endormissement et un sommeil paisibles.

 

Les siestes : faut-il laisser bébé dormir lorsqu’il le souhaite ou instaurer des horaires d’alimentation, d’éveil, de jeu et de sieste ?
Le secret est de repérer les signes de fatigue de votre enfant, et de l’accompagner pour la sieste à ce moment-là.

 

Quel est le rôle du conjoint ? Comment peut-il aider Maman et Bébé pour que l’heure du coucher et de la nuit se passe mieux ?
Le conjoint est acteur à part entière dans le sommeil du bébé et de l’enfant. A chaque famille de trouver son rythme. Chez les nourrissons plus grands ou les jeunes enfants, il ne faut pas hésiter à prévenir l’enfant : comment va se passer le rituel du coucher, qui va l’accompagner à s’endormir ce soir…

 

Que pensez-vous de cette théorie qui dit que si on met des céréales dans le dernier biberon de bébé, il dormira toute la nuit ?
Malheureusement, c’est une fausse rumeur. La majorité des réveils la nuit, sont dus à des besoins émotionnels, de réassurance et de sécurité. Encore une fois, le bébé et l’enfant nous communiquent beaucoup de choses si nous savons l’observer et l’écouter. S’il nous montre qu’il a besoin de nous car son « réservoir émotionnel » se vide rapidement, lui donner un biberon avec des céréales, ne répondra pas à ses besoins et n’aura aucun effet sur son sommeil

 

Quels sont les besoins de bébé en sommeil (nouveau-né jusqu’à sa première année) ?
Ses besoins sont très variables et dépend de votre enfant. S’il est irritable, qu’il veut toujours être dans les bras, il ne dort pas assez et il faudrait favoriser des temps de sommeil. Le bébé a un rythme « veille-sommeil » sur 24h. Plus il se rapproche de une année, il dormira plus longtemps la nuit. Contrairement à ce que l’on pense, le sommeil est très mouvementé entre 6 mois et l’âge de la marche, avec un pic de réveils nocturne vers 8-10 mois, et au moment de l’apprentissage de la marche. Les poussées dentaires, les maladies, le développement émotionnel et psychomoteur ont une énorme influence sur le sommeil de l’enfant.

 

Avez-vous des conseils pour les pleurs du soir ? Que peuvent faire les jeunes parents pour apaiser leur enfant et le faire dormir ?
L’écouter, le rassurer, le porter, le bercer, chanter,… le prendre en portage ou en poussette et partir faire une grande balade, cela videra la tête du parent et aura un effet positif sur l’endormissement du bébé.

 

Co-dodo, moises, berceau, lit, on s’y perd ! Quelle est votre recommandation pour chaque étape de la vie du bébé ?
Il n’y a rien de juste ni rien de faux. Choisissez ce qui est le plus logique pour vous (parents), et en fonction du comportement et de la personnalité de votre enfant. Si votre enfant se réveille souvent la nuit, dormez plus proche de lui pour avoir moins d’aller-retour à faire et favoriser votre sommeil et votre repos.

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Julie Champenois Wittlin

Infirmière indépendante spécialisée en pédiatrie

Je suis infirmière, diplômée en 2000. J’ai suivi une formation de puéricultrice en France puis de consultante en lactation IBCLC en Suisse. J'ai ensuite obtenu un diplôme universitaire (DIU) sur "les troubles de l'oralité alimentaire de l'enfant" et un sur "la nutrition et obésité de l'enfant", puis de consultante en sommeil 1001 dodos et de monitrice de la méthode "MAMA". Je suis accompagnante BN, « Biological Nuturing » avec Suzanne Colson. J'ai suivi la formation sur "les freins restrictifs buccaux" avec Caroline De Ville et obtenu mon diplôme en 2021. Je travaille depuis bientôt 20 ans auprès de l’enfant et ses parents, à l’hôpital, en crèche, à domicile et en maison de naissance. Mon expérience professionnelle et mes différentes formations me permettent d’accompagner les parents et leur(s) enfant(s), dans la bienveillance, en fonction de leurs besoins, particulièrement pendant la période de la petite enfance.

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