Cependant, le nombre de nourrissons nés infectés par le VIH augmente jour après jour. L’épidémie de SIDA représente un grave recul dans les progrès réalisés en matière de bien-être et de survie des enfants. En effet, la différence de prise en charge et de suivi des personnes malades entre les pays plus riches et les plus pauvre explique ces statistiques.
Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est la cause du SIDA. Lorsqu’une personne est infectée par le VIH, le virus attaque et affaiblit le système immunitaire. À mesure que le système immunitaire s’affaiblit, la personne est exposée à des infections potentiellement mortelles ou à des cancers. Lorsque cela se produit, la maladie est appelée SIDA.
Le VIH peut être transmis au fœtus ou au nouveau-né pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.
La prise en charge des femmes enceintes vivant avec le VIH en Suisse est un domaine prioritaire, où l’accent est mis sur la prévention de la transmission mère-enfant grâce à un suivi médical strict et à l’accès aux traitements antirétroviraux.
En l’absence de traitement, le risque de transmission du VIH d’une mère à son bébé se situe entre 15-30%. Aujourd’hui avec la mise en place d’un traitement, ce risque passe à moins de 1%.
Actuellement, il est reconnu que la majorité des transmissions verticales du VIH survient en fin de grossesse et durant l’accouchement. Les facteurs de risque majeurs sont la rupture prématurée ou prolongée des membranes, une charge virale élevée, une immunosuppression avancée ainsi que l’allaitement maternel. Le risque de transmission hors de toute intervention médicale est de l’ordre de 20%.
Des progrès importants ont permis de réduire considérablement la transmission du VIH de la mère à l’enfant dans notre pays grâce à des protocoles médicaux standardisés et à une prise en charge efficace, comme le montrent les rapports suisses sur les stratégies de traitement et de prévention. Ces efforts s’inscrivent dans les objectifs mondiaux d’élimination des nouvelles transmissions de VIH d’ici 2030.
En Suisse, il n’existe pas de loi explicite qui interdise aux couples affectés par le VIH d’avoir recours à une aide médicale afin d’avoir des enfants. Dans le souci d’éviter la contamination du partenaire séronégatif et/ou du futur enfant, cette aide peut être apportée aux couples demandeurs, allant de la procréation médicalement assistée (PMA) au suivi de la grossesse de manière multidisciplinaire.
La loi suisse sur la procréation médicalement assistée subordonne cette technique au bien de l’enfant et la réserve aux couples qui, selon leur âge et leur situation personnelle, paraissent être à même d’élever l’enfant jusqu’à sa majorité. La plupart des patients affectés par le VIH ayant de nos jours un pronostic de vie satisfaisant – l’infection par le VIH étant considérée comme une maladie chronique – ne peuvent donc plus être exclus de ce texte de manière péremptoire. Par ailleurs, cette même loi autorise la PMA lorsque le risque de transmission d’une maladie grave et incurable aux descendants ne peut être écarté d’une autre manière: bien que chronique, l’infection VIH reste une maladie incurable et seule une prise en charge adéquate pourra permettre de diminuer le risque de transmission du VIH à la mère et à l’enfant à naître.